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Lire les vieilles pierres : architecture et monuments du nord de Tenerife

Historic mansion facade on a cobbled old-town street in La Laguna, Tenerife

Le nord de Tenerife est là où l’île garde son architecture : quatre siècles de fortune marchande écrits dans le bois sombre des balcons et la chaux des façades. Apprenez quatre mots, et chaque vieille ville s’ouvre. Les tarifs et horaires ci-dessous sont ceux publiés en juillet 2026 ; les petits sites canariens changent au fil des saisons, alors vérifiez avant de prendre la route.

Comment lire un bâtiment canarien

Commencez par les balcons de pino tea : des galeries couvertes et sculptées en pino tea, le bois de cœur du pin des Canaries, saturé de résine, si dense qu’il traverse les siècles sans broncher. Les plus belles rues pour les voir sont la Calle San Francisco à La Orotava, la Plaza de la Pila à Icod et la Calle San Agustín à La Laguna. Derrière eux se cache le deuxième mot, le patio : des façades austères ouvrent sur des cours à galeries pleines de plantes, et vous pouvez entrer dans la Casa Salazar à La Laguna (gratuit) ou la Casa Lercaro à La Orotava (gratuit aussi ; elle abrite désormais des boutiques et un restaurant) pour voir le procédé.

Le troisième est le plafond mudéjar, un art des caissons géométriques hérité de l’artisanat mauresque : levez les yeux dans l’église San Marcos d’Icod et dans l’escalier du couvent de Garachico. Le quatrième est partout dès qu’on l’a remarqué — chaux et basalte, l’enduit blanc encadré de chaînages de pierre volcanique presque noire, le contraste qui signe chaque vieille rue du nord.

La Laguna : le damier de l’UNESCO

Ville du patrimoine mondial depuis 1999, La Laguna a un plan en damier, sans remparts, qui servit de modèle aux villes coloniales espagnoles des Amériques. Le seul intérieur payant qui en vaille la peine est la Casa Lercaro, siège du musée d’histoire de l’île (5 €, gratuit le vendredi et le samedi après-midi à partir de seize heures, la meilleure astuce de cet article). La cathédrale (7 € avec audioguide, fermée aux visites le dimanche) revendique la plus grande collection d’icônes byzantines d’Espagne, et la tour de la Concepción, emblème de la ville, se gravit pour quelques pièces du mardi au samedi. Un avertissement : la célèbre façade du Palacio de Nava n’est exactement que cela, une façade. Le palais est vide depuis des décennies, dans l’attente d’une restauration ; admirez-le depuis la place et n’en attendez rien de plus.

La Orotava, Garachico, Icod

La Orotava étage ses demeures à flanc de colline : la Casa de los Balcones (environ 6 € ; vingt minutes qui récompensent les amateurs d’architecture, une boutique d’artisanat pour les autres), la plus belle église baroque de l’archipel (visites du mardi au vendredi, en fin de matinée seulement) et un moulin à gofio du XVIIe siècle qui moud toujours sur la Calle Colegio. Garachico est la ville qu’un volcan a figée : port le plus riche de Tenerife jusqu’à ce que l’éruption de 1706 comble sa rade, elle s’est rebâtie lentement, en pierre, puis s’est simplement arrêtée — voilà pourquoi sa place, son couvent (escalier mudéjar à l’intérieur) et le Castillo de San Miguel de 1577 (2 €) ont survécu si complets. Icod garde le trésor que personne n’attend : dans l’église San Marcos, une croix de filigrane d’argent de 2,4 mètres et 47 kilos, faite à La Havane dans les années 1660, réputée la plus belle pièce du genre au monde.

Organiser la journée

Depuis Los Gigantes, le duo naturel, c’est Garachico plus Icod par le col d’Erjos (environ quarante minutes jusqu’à la première) ; La Orotava est à une heure et se combine avec Los Realejos, dont l’église Santiago Apóstol fut fondée le jour même où s’acheva la conquête de Tenerife, en 1496 : la première paroisse de l’île. La Laguna mérite sa journée à elle. Allez-y du mardi au vendredi : le dimanche ferme la cathédrale, le lundi la tour, et l’église de La Orotava garde des horaires de banquier.